L'installation d'un Français en Roumanie relève de la libre circulation européenne et se déroule sans visa ni permis de travail. Les démarches se limitent pour l'essentiel à un enregistrement de séjour et à l'obtention d'un numéro d'identification, indispensables pour ouvrir un compte, signer un bail ou déclarer des revenus. Un coût de la vie modéré et une fiscalité légère expliquent l'attrait croissant du pays.
La directive 2004/38 garantit un séjour de 3 mois sans formalité. Au-delà, l'administration de l'immigration délivre un certificat d'enregistrement aux personnes justifiant d'un emploi, d'une activité indépendante, de ressources suffisantes ou du statut d'étudiant, avec une couverture maladie. Après 5 années de résidence continue, le droit de séjour permanent s'acquiert. L'entrée dans l'espace Schengen, effective pour les frontières aériennes et maritimes le 31 mars 2024 puis pour les frontières terrestres le 1er janvier 2025, a supprimé les contrôles.
Le codul numeric personal, ou son équivalent délivré aux étrangers, sert de référence unique auprès de l'administration fiscale, des banques et des employeurs. Son obtention conditionne la plupart des démarches courantes et intervient au moment de l'enregistrement du séjour.
L'impôt sur le revenu repose sur un taux forfaitaire de 10 % depuis 2018, auquel s'ajoutent des cotisations de retraite et d'assurance maladie prélevées sur les salaires. La résidence fiscale s'apprécie notamment au regard de la durée de présence et du centre des intérêts vitaux. Une convention franco-roumaine évite la double imposition.
Le marché locatif urbain reste fluide et les loyers demeurent inférieurs à ceux des grandes villes françaises, malgré une hausse rapide à Bucarest et à Cluj-Napoca. Le niveau des prix à la consommation représentait 64 % de la moyenne européenne en 2024, ce qui laisse un pouvoir d'achat confortable à un salaire d'origine occidentale.
L'affiliation à l'assurance maladie publique découle de l'activité professionnelle, beaucoup d'expatriés y ajoutant un abonnement dans un réseau de cliniques privées. Les enfants accèdent gratuitement à l'école publique et les familles francophones se tournent souvent vers le lycée français de Bucarest ou vers les sections internationales des grandes villes.
La Roumanie appartient à l'Organisation internationale de la Francophonie et le français y conserve une audience réelle, notamment chez les générations formées avant 1989. L'Institut français dispose d'une implantation à Bucarest et d'antennes à Cluj-Napoca, Iasi et Timisoara, qui animent cours de langue, médiathèques et programmation culturelle. Les associations d'expatriés et la chambre de commerce française complètent ce réseau.