La Roumanie se définit comme un État national unitaire tout en reconnaissant l'existence de nombreuses minorités nationales. Le recensement de 2021 a enregistré 89,3 % de personnes se déclarant roumaines parmi celles qui ont renseigné leur appartenance ethnique. La proportion de non-réponses, proche de 13 % de la population totale, invite à manier ces chiffres avec prudence.
Les Hongrois forment la première minorité, avec 1 002 151 personnes recensées en 2021, soit environ 6 % de la population. Ils se concentrent en Transylvanie, notamment dans les judete de Harghita et de Covasna, où ils sont majoritaires. Les Sicules, groupe hongrois établi de longue date dans les Carpates orientales, revendiquent une autonomie territoriale que Bucarest refuse. L'Union démocrate magyare de Roumanie les représente au Parlement et a participé à plusieurs gouvernements depuis 1996.
Le recensement a dénombré 569 477 personnes se déclarant roms, soit 3,4 % de la population. Les associations et le Conseil de l'Europe avancent des estimations sensiblement supérieures, la déclaration restant freinée par la crainte des discriminations. Cette population demeure confrontée à des taux élevés de pauvreté, de déscolarisation et de ségrégation résidentielle. Des stratégies nationales d'inclusion existent depuis les années 2000, mais leurs résultats restent limités.
Les Saxons de Transylvanie et les Souabes du Banat, longtemps désignés comme Allemands des Carpates, ne réunissaient plus que 22 907 personnes en 2021 après les départs massifs des années 1970 et 1990. Les Ukrainiens, environ 45 800, vivent surtout dans le Maramures et le nord du pays. Les Russes lipovans, près de 19 400, peuplent les villages du delta du Danube. Les Turcs et les Tatars, installés en Dobrogée depuis l'époque ottomane, comptent quelques dizaines de milliers de membres. Les Serbes du Banat complètent cet ensemble.
La Constitution garantit aux minorités nationales le droit de préserver leur identité, leur langue et leur culture. 18 sièges de la Chambre des députés reviennent aux organisations de minorités qui n'atteignent pas le seuil électoral de 5 %. Un conseil des minorités nationales et un département gouvernemental dédié assurent le dialogue avec l'État. L'Union démocrate magyare, plus nombreuse, franchit ce seuil et siège comme une formation ordinaire.
Le roumain constitue la seule langue officielle, mais la loi autorise l'usage d'une langue minoritaire dans l'administration locale lorsque ses locuteurs représentent au moins 20 % des habitants d'une commune. L'enseignement en hongrois, en allemand et dans plusieurs autres langues existe de la maternelle à l'université. L'orthodoxie domine largement le paysage religieux, devant le catholicisme romain, l'Église réformée, les cultes pentecôtistes et le gréco-catholicisme.