Les armoiries de la Roumanie réunissent l'aigle héraldique de Valachie et un écu qui rassemble les emblèmes des provinces historiques. Le Parlement a adopté ce dessin le 10 septembre 1992, en s'inspirant des armes du royaume antérieur à 1947. Une loi promulguée le 11 juillet 2016 y a ajouté la couronne d'acier.
L'aigle d'or, au bec et aux pattes de gueules, tient dans son bec une croix orthodoxe. Il porte une épée dans une serre et un sceptre dans l'autre, signes du pouvoir militaire et de l'autorité civile. Souvent désigné sous le nom d'aquila cruciata, cet oiseau renvoie à la latinité revendiquée par la nation roumaine. Il figurait déjà sur les sceaux des princes de Valachie.
L'écu posé sur la poitrine de l'aigle se divise en cinq parties. Le premier quartier reprend l'aigle valaque accompagné du soleil et du croissant. Le deuxième montre la tête d'aurochs de Moldavie, une étoile entre les cornes. Le troisième évoque le Banat et l'Olténie par le pont de Trajan surmonté d'un lion. Le quatrième rassemble les symboles de Transylvanie, avec l'aigle noir, les sept tours et les astres. La pointe présente enfin les deux dauphins de Dobrogée, rappel de la façade maritime du pays.
La couronne posée sur la tête de l'aigle reproduit celle des rois de Roumanie. Elle avait été façonnée en 1881 dans l'acier d'un canon ottoman pris à Plevna pendant la guerre d'indépendance. Son rétablissement en 2016 a été présenté comme un hommage à la période monarchique et à l'unité nationale. Ce choix a néanmoins suscité des réserves chez les partisans d'une symbolique strictement républicaine.
Les armoiries figurent sur le sceau de l'État, sur les documents administratifs et sur les façades des institutions. Elles apparaissent également sur les monnaies et sur les passeports. Le drapeau national, en revanche, n'en porte plus aucune trace depuis 1989.