Le drapeau de la Roumanie associe trois bandes verticales bleue, jaune et rouge. Ce tricolore accompagne l'histoire nationale depuis le milieu du 10-neuvième siècle et il a traversé la monarchie, la période communiste puis la république actuelle. Sa forme contemporaine résulte de la révolution de décembre 1989, qui en a retiré les armes du régime déchu.
Les trois bandes présentent une largeur égale et le bleu se place du côté de la hampe. La loi fixe le rapport entre la hauteur et la longueur à deux tiers. Les nuances officielles retiennent un bleu foncé, un jaune vif et un rouge soutenu, précisés par une norme technique. Le pavillon civil et le pavillon d'État reprennent le même dessin sans aucun ornement.
Le tricolore s'impose pendant le mouvement de 1848 en Valachie, où le gouvernement provisoire l'adopte comme emblème. Il se généralise après l'union des principautés de Valachie et de Moldavie en 1859, puis sous le royaume de Roumanie. Chaque régime y ajoute alors ses propres armoiries au centre de la bande jaune.
En décembre 1989, les manifestants de Timisoara puis de Bucarest découpent l'emblème de la République socialiste au milieu de leur drapeau. Ce drapeau troué devient l'image la plus reconnaissable du renversement du régime. Le tricolore sans armoiries est confirmé le 27 décembre 1989, avant d'être inscrit parmi les symboles de l'État dans la Constitution de 1991.
Les historiens rattachent traditionnellement le bleu à la liberté, le jaune à la justice et le rouge à la fraternité. D'autres lectures y reconnaissent les couleurs des anciennes principautés réunies. Aucun texte officiel n'impose toutefois une interprétation unique.
Le drapeau du Tchad, adopté en 1959, ne se distingue du drapeau roumain que par un bleu plus sombre. En 2004, N'Djamena a demandé aux Nations unies d'examiner cette quasi-identité. Le président Ion Iliescu a répondu que la Roumanie ne modifierait pas son emblème et aucune réclamation formelle n'a finalement abouti.