La Roumanie garantit dans sa Constitution les libertés d'expression, d'association et de manifestation, et elle applique le droit européen des droits fondamentaux. La pratique révèle cependant des fragilités persistantes, en matière de pluralisme médiatique, d'égalité de traitement et de résistance à la manipulation de l'information.
Reporters sans frontières classait la Roumanie au 40-neuvième rang sur 124 pays dans son édition 2026, avec un score de 67,71, contre 51-cinquième place l'année précédente. L'organisation souligne la concentration de la propriété des médias, la dépendance de nombreuses rédactions à l'argent public et la précarité des journalistes. Le journalisme d'investigation indépendant conserve néanmoins une réelle audience.
Le mécanisme de coopération et de vérification institué par la Commission européenne en 2007 a encadré les réformes judiciaires pendant 15 ans avant sa clôture en 2023. Le suivi s'effectue depuis dans le cadre du rapport annuel sur l'État de droit. Les modifications des lois de la justice adoptées entre 2017 et 2019 avaient suscité de vives critiques de la Commission de Venise et provoqué des manifestations massives.
La Direction nationale anticorruption, active depuis 2002, a acquis une notoriété européenne sous la direction de Laura Codruta Kovesi entre 2013 et 2018. Sa révocation en juillet 2018 a marqué un tournant, avant sa nomination à la tête du Parquet européen en 2019. Les affaires touchant des élus locaux, des marchés publics et des fonds européens restent nombreuses, mais le rythme des condamnations définitives a ralenti.
Les mobilisations de janvier et février 2017 contre un assouplissement de la législation anticorruption ont rassemblé les plus grands cortèges depuis 1989. Les organisations non gouvernementales jouent un rôle actif dans la surveillance des institutions, la défense de l'environnement et l'aide sociale. Leur financement demeure toutefois fragile.
La minorité rom subit des discriminations documentées dans l'accès au logement, à l'emploi, à la santé et à l'éducation. Le Conseil de l'Europe et la Commission européenne ont dénoncé à plusieurs reprises la ségrégation scolaire et les expulsions de campements. Les stratégies nationales d'inclusion se succèdent depuis les années 2000 sans transformer durablement la situation.
L'homosexualité a été dépénalisée en 2001 et la loi antidiscrimination protège l'orientation sexuelle depuis 2000. Aucune forme d'union civile n'existe pour les couples de même sexe, et le référendum d'octobre 2018 visant à inscrire une définition restrictive du mariage dans la Constitution a échoué faute de participation suffisante. La Cour européenne des droits de l'homme a condamné la Roumanie le 23 mai 2023 dans l'affaire Buhuceanu et Ciobotaru pour cette absence de reconnaissance juridique.
La campagne présidentielle de 2024 a révélé l'ampleur des manipulations coordonnées sur les réseaux sociaux, en particulier sur TikTok. La Commission européenne a ouvert une procédure au titre du règlement sur les services numériques et les autorités roumaines ont renforcé la surveillance des contenus électoraux. Le débat sur l'équilibre entre régulation et liberté d'expression demeure vif.