Investir en Roumanie

La Roumanie attire des capitaux étrangers depuis son adhésion à l'Union européenne, grâce à un marché intérieur de 19 millions d'habitants, à des coûts salariaux encore contenus et à une position de carrefour entre l'Europe centrale et la mer Noire. Le climat des affaires souffre en revanche d'une fiscalité mouvante et de retards d'infrastructures.

Flux et stocks d'investissement

Le stock d'investissements directs étrangers dépassait 100 milliards d'euros dès la fin de 2021 selon la Banque nationale de Roumanie, et il a continué de progresser depuis. Les flux annuels se situent depuis plusieurs années dans une fourchette de 6 à 8 milliards d'euros, un des meilleurs niveaux d'Europe centrale rapporté à la taille du pays.

Principaux pays investisseurs

Les Pays-Bas arrivent en tête des détenteurs de capital, devant l'Autriche, l'Allemagne, l'Italie et la France, plusieurs de ces positions passant par des sociétés de portefeuille néerlandaises ou chypriotes. L'industrie manufacturière, le commerce, la banque et l'énergie reçoivent la plus grande partie de ces engagements.

Présence française

La France figure régulièrement parmi les cinq premiers investisseurs et plusieurs milliers de sociétés à capitaux français sont immatriculées dans le pays. Renault y détient sa filiale Dacia, premier exportateur national, tandis que Carrefour, Auchan, Orange, Engie, Michelin et Saint-Gobain y emploient des dizaines de milliers de personnes. Le réseau consulaire et la chambre de commerce franco-roumaine accompagnent les nouveaux entrants.

Secteurs porteurs

L'automobile et ses équipementiers, les services informatiques, l'agroalimentaire, l'énergie et la logistique concentrent l'essentiel des projets. La rénovation énergétique des bâtiments, les infrastructures de transport et la santé ouvrent aussi des marchés soutenus par la commande publique.

Aides publiques et fonds européens

L'Etat propose des aides à l'investissement pour les projets créant des emplois ou implantés dans des régions défavorisées, sous forme de subventions ou d'exonérations. La politique de cohésion apporte par ailleurs près de 31 milliards d'euros pour la période 2021-2027, auxquels s'ajoutent les 28,5 milliards du plan national de relance et de résilience.

Main-d'oeuvre et coûts

Le coût horaire du travail reste parmi les plus faibles de l'Union, mais il augmente vite depuis 10 ans et la pénurie de personnel qualifié touche l'industrie comme la construction. La qualification technique des diplômés et la diffusion du français dans les grandes villes universitaires constituent des atouts pour les entreprises francophones.

Facteurs de risque

L'instabilité fiscale représente le premier risque signalé par les investisseurs, devant la lenteur administrative et l'état du réseau routier. La notation souveraine se situe au dernier échelon de la catégorie investissement, ce qui renchérit le financement local, et la proximité du conflit ukrainien pèse sur la perception du pays.