Le marché du travail roumain se caractérise par une population active réduite, une émigration massive et des tensions de recrutement dans presque toutes les branches.
Le taux d'emploi des personnes de 20 à 64 ans s'établissait autour de 69,5 % en 2024, un niveau inférieur de plusieurs points à la moyenne de l'Union européenne. L'écart tient surtout à la faible participation des femmes, des jeunes et des habitants des zones rurales, où l'agriculture de subsistance occupe encore de nombreux ménages.
Les employeurs signalent des difficultés de recrutement persistantes dans la construction, l'industrie, l'hôtellerie, la santé et les transports. Le vieillissement de la population et le départ des actifs vers l'ouest de l'Europe réduisent chaque année le vivier disponible.
Le gouvernement fixe chaque année un contingent de permis de travail pour les ressortissants de pays tiers, porté à environ 100 000 unités au milieu des années 2020. Ces salariés viennent principalement du Népal, du Sri Lanka, de l'Inde, du Bangladesh, du Vietnam et de Turquie, et se concentrent dans la restauration, la construction et la logistique.
Le salaire minimum brut national s'élève à 4 050 lei par mois depuis janvier 2025, soit un peu plus de 800 euros, l'un des plus bas de l'Union. Le salaire brut moyen atteignait 9 078 lei en novembre 2025, pour un net de 5 443 lei, et dépassait 9 500 lei bruts au premier semestre 2026.
Les métiers du logiciel offrent des rémunérations 2 à 3 fois supérieures à la moyenne nationale. La suppression au 1er janvier 2025 de l'exonération d'impôt sur le revenu dont bénéficiaient ces salariés a réduit leur revenu net et pèse sur la compétitivité du secteur.
Le taux de chômage évoluait autour de 5,9 % en 2025 et de 6,4 % en juillet 2026, un niveau proche de la moyenne européenne. Le chômage des jeunes demeure en revanche nettement plus élevé, en particulier dans les régions du sud et du nord-est.
Plusieurs millions de Roumains résident dans d'autres pays de l'Union, en Italie, en Espagne et en Allemagne, ce qui a fait perdre au pays une part importante de sa population depuis 1990. Les transferts d'argent de cette diaspora soutiennent la consommation intérieure.
L'économie informelle occupe une place notable, surtout dans l'agriculture, la construction et les services de proximité. Le versement partiel des salaires en espèces subsiste dans les petites structures, malgré l'intensification des contrôles.