La Roumanie applique une fiscalité simple et des taux nominaux parmi les plus bas de l'Union européenne, mais l'instabilité des règles et la lourdeur administrative pèsent sur les entreprises. Le redressement des comptes publics engagé depuis 2023 a entraîné une série de réformes fiscales rapprochées.
L'impôt sur les sociétés s'établit à 16 % du bénéfice, taux unique appliqué aux sociétés résidentes comme aux établissements stables de sociétés étrangères. Un impôt minimal assis sur le chiffre d'affaires vise depuis 2024 les entreprises dont les recettes dépassent 50 millions d'euros, sa suppression étant annoncée pour l'exercice 2027. L'impôt sur les dividendes distribués est passé de 8 à 10 % au 1er janvier 2025.
Le régime des microentreprises substitue à l'impôt sur le bénéfice une imposition assise sur les recettes, à condition d'employer au moins un salarié et de rester sous un plafond de chiffre d'affaires. Ce plafond, fixé à 500 000 euros en 2023, a été ramené à 250 000 euros puis à 100 000 euros à compter de 2026, ce qui écarte du dispositif une grande partie des sociétés qui en bénéficiaient.
Le taux normal de la taxe sur la valeur ajoutée est passé de 19 à 21 % le 1er août 2025, dans le cadre du plan de redressement budgétaire. Les taux réduits antérieurs ont été fondus en un taux unique de 11 %, qui couvre notamment les médicaments, les aliments de base, l'hébergement et la restauration. L'immatriculation devient obligatoire au-delà de 395 000 lei de chiffre d'affaires annuel.
Les prélèvements sur les salaires reposent principalement sur le salarié, qui acquitte 25 % au titre des retraites et 10 % au titre de la santé, auxquels s'ajoute un impôt sur le revenu de 10 %. L'employeur ne verse qu'une contribution d'assurance travail de 2,25 %. Les exonérations dont bénéficiaient la construction, l'agriculture, l'agroalimentaire et l'informatique ont pris fin au 1er janvier 2025.
L'immatriculation s'effectue auprès du registre national du commerce, par voie électronique, dans un délai de quelques jours ouvrables. Le capital minimal d'une société à responsabilité limitée a été ramené à un leu, ce qui rend le coût d'entrée symbolique.
La lenteur des procédures et la qualité inégale de l'administration figurent parmi les critiques les plus constantes des investisseurs. Les juridictions commerciales fonctionnent, mais les délais d'exécution des décisions restent longs.
La Roumanie se classe dans la seconde moitié du palmarès européen de Transparency International, malgré l'action de la Direction nationale anticorruption. Les marchés publics et les autorisations locales constituent les domaines les plus exposés.