La peinture roumaine naît comme discipline moderne au milieu du 10-neuvième siècle, portée par des artistes formés à Paris et à Munich qui rentrent au pays pour y créer des écoles et des salons. Elle donne d'abord des paysagistes et des portraitistes, puis s'ouvre au symbolisme et à l'avant-garde. La sculpture, avec Constantin Brâncuși, offre au pays sa contribution la plus décisive à l'art du vingtième siècle.
Theodor Aman, né en 1831 et mort en 1891, obtient la création de l'École des beaux-arts de Bucarest en 1864 et organise les premières expositions nationales. Sa peinture d'histoire et ses scènes de bal fixent l'image que la jeune Roumanie veut donner d'elle-même.
Nicolae Grigorescu, né en 1838 et mort en 1907, travaille auprès des peintres de Barbizon avant de rentrer peindre les paysans, les chars à boeufs et les collines de Valachie. Il suit l'armée comme peintre de guerre pendant la campagne de 1877 et rapporte une série qui marque durablement l'imaginaire national.
Ștefan Luchian, né en 1868 et mort en 1916, passe du réalisme à une peinture de la couleur pure, proche des postimpressionnistes. Ses bouquets d'anémones, peints alors que la maladie lui ôtait l'usage des mains, comptent parmi les icônes de l'art roumain.
Constantin Brâncuși, né en 1876 en Olténie et mort à Paris en 1957, rejoint la France à pied en 1904 et y réduit la sculpture à ses formes essentielles avec Le baiser, Mademoiselle Pogany ou l'Oiseau dans l'espace. Il conçoit entre 1937 et 1938 l'ensemble monumental de Târgu Jiu, composé de la Table du silence, de la Porte du baiser et de la Colonne sans fin, en hommage aux soldats tombés en 1916. L'UNESCO a inscrit cet ensemble au patrimoine mondial en 2024.
Victor Brauner, né en 1903 et mort en 1966, rejoint le groupe surréaliste parisien et développe une imagerie de créatures hybrides et de symboles occultes. Un tableau où il s'était représenté énucléé précède de plusieurs années la perte réelle de son oeil en 1938, coïncidence qui a nourri sa légende.
Depuis les années deux mille, Cluj-Napoca s'impose comme un foyer de la peinture figurative européenne, autour d'anciens étudiants de l'université d'art et du site industriel reconverti de la Fabrique de pinceaux, ouvert en 2009. Adrian Ghenie, né en 1977, y occupe la première place et voit ses toiles atteindre des records en salle des ventes, dont plus de sept millions de livres sterling pour Nickelodeon chez Christie's en 2016.