La musique roumaine

La musique roumaine se répartit entre trois mondes qui se croisent peu sur scène mais se nourrissent l'un l'autre, le chant paysan, la musique professionnelle des lăutari et la tradition savante née au tournant du vingtième siècle. L'UNESCO a reconnu la valeur du premier, le deuxième a fait le tour du monde grâce à quelques orchestres tsiganes, le troisième porte le nom de George Enescu.

Doina et chant paysan

La doina désigne un chant lyrique improvisé, souvent solitaire, qui exprime la nostalgie, la solitude du berger ou la peine amoureuse. L'UNESCO l'a inscrite en 2009 sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité.

Musique lăutărească

Les lăutari forment des lignées de musiciens professionnels, le plus souvent roms, qui animent depuis des siècles les mariages, les baptêmes et les fêtes de village. Leur répertoire mêle danses, chansons d'amour et pièces de commande, jouées au violon, au cymbalum, à l'accordéon et à la contrebasse. Le Taraf de Haïdouks, venu du village de Clejani, et la fanfare Ciocărlia, originaire du nord de la Moldavie, ont porté ce style sur les scènes européennes à partir des années quatre-vingt-dix. L'UNESCO a inscrit en 2025 les savoir-faire liés à la cobza, luth traditionnel de ces orchestres.

George Enescu et son festival

Violoniste, pianiste, chef et compositeur, George Enescu naît en 1881 et meurt à Paris en 1955. Ses deux Rhapsodies roumaines de 1901 restent ses pages les plus jouées, mais son opéra Oedipe et ses sonates comptent parmi les sommets de la musique européenne de son temps. Le festival qui porte son nom existe depuis 1958 et se tient tous les 2 ans à Bucarest, où il attire les grands orchestres internationaux.

Autres figures savantes

Dinu Lipatti, pianiste né en 1917, laisse en quelques enregistrements une réputation immense avant de mourir à 33 ans en 1950. Ciprian Porumbescu, disparu en 1883 à 30 ans, signe la Ballade pour violon que tout Roumain reconnaît dès les premières mesures.

Manele et débat social

Les manele constituent une musique de fête urbaine, chantée sur des rythmes orientaux et des arrangements électroniques, née dans les années quatre-vingt-dix et diffusée par les lăutari installés en ville. Elles dominent une partie des mariages et des discothèques tout en suscitant un rejet marqué dans les milieux cultivés, qui leur reprochent des textes centrés sur l'argent et la virilité. Ce débat recouvre en partie des tensions sociales et des préjugés visant les Roms.

Pop, rock et électro

La pop roumaine s'exporte depuis les succès d'Inna et d'Edward Maya à la fin des années deux mille. La scène techno minimale de Bucarest, souvent appelée rominimal, s'est imposée dans les clubs européens avec des artistes comme Rhadoo, Raresh et Petre Inspirescu.