Histoire de la Roumanie

L'histoire de la Roumanie se lit comme une longue tension entre un héritage latin revendiqué et les empires du bas Danube. Les Roumains se réclament d'une romanité née de la conquête de la Dacie, puis se sont organisés en principautés sous suzeraineté étrangère avant de bâtir un État unitaire au 10-neuvième siècle. Le vingtième siècle leur a apporté l'unification, la guerre, le communisme puis le retour dans les institutions occidentales.

Dacie et conquête romaine

Le royaume dace atteint son apogée sous Décébale, qui affronte deux campagnes de Trajan. La victoire de 106 transforme une partie du territoire en province de Dacie, colonisée pendant environ 170 ans. L'empereur Aurélien retire l'administration et les légions au sud du Danube vers 271. De cette séquence découle la thèse de la continuité daco-romaine, socle de l'identité nationale roumaine.

Naissance des principautés

La Valachie s'organise autour de Basarab Ier dans la première moitié du quatorzième siècle, la Moldavie autour de Bogdan Ier peu après. La Transylvanie, intégrée au royaume de Hongrie, devient plus tard une principauté autonome. Les voïvodes Mircea l'Ancien, Vlad Tepes et Étienne le Grand mènent des guerres répétées contre l'expansion ottomane.

Suzeraineté ottomane et Michel le Brave

À partir du seizième siècle, la Valachie et la Moldavie conservent leur autonomie interne mais versent tribut à la Sublime Porte. Michel le Brave réunit brièvement en 1600 les trois pays roumains sous son autorité, un épisode érigé plus tard en symbole fondateur. Le régime phanariote, ouvert en 1711 en Moldavie, place ensuite des familles grecques de Constantinople à la tête des deux principautés.

Union des principautés et règne de Cuza

L'élection d'Alexandru Ioan Cuza comme prince de Moldavie puis de Valachie en 1859 crée de fait un État unique, qui prend le nom de Roumanie en 1862. Cuza sécularise les biens monastiques et lance une réforme agraire avant d'être écarté en 1866 au profit de Charles de Hohenzollern.

Indépendance et royaume

La guerre russo-turque conduit à la proclamation de l'indépendance en 1877, reconnue par le congrès de Berlin en 1878. Le pays devient un royaume en 1881 et se modernise rapidement.

Grande Roumanie et entre-deux-guerres

L'engagement aux côtés de l'Entente et l'effondrement des empires voisins permettent le rattachement de la Bessarabie, de la Bucovine et de la Transylvanie, consacré par l'assemblée d'Alba Iulia du 1er décembre 1918. Les traités de Saint-Germain et de Trianon entérinent ces frontières, que l'instabilité politique et la montée de la Garde de fer fragilisent ensuite.

Seconde Guerre mondiale et basculement

Les arbitrages de 1940 amputent le pays de la Bessarabie, du nord de la Transylvanie et de la Dobroudja du Sud. Le maréchal Antonescu engage la Roumanie aux côtés de l'Allemagne contre l'Union soviétique, période marquée par la déportation et le massacre de centaines de milliers de Juifs et de Roms. Le coup d'État du 23 août 1944 fait basculer le pays dans le camp allié.

Régime communiste et ère Ceausescu

L'abdication forcée du roi Michel Ier, le 30 décembre 1947, ouvre la République populaire. Gheorghe Gheorghiu-Dej impose la collectivisation et la répression, puis Nicolae Ceausescu lui succède en 1965. Après une phase d'ouverture, son pouvoir devient un régime personnel fondé sur la Securitate, le remboursement accéléré de la dette extérieure et de graves pénuries dans les années quatre-vingt.

Révolution de décembre et ancrage euro-atlantique

Le soulèvement parti de Timisoara le 16 décembre 1989 gagne Bucarest et se solde par la chute puis l'exécution du couple Ceausescu le 25 décembre, au prix de plus d'un millier de morts. La transition postcommuniste, heurtée, débouche sur l'adhésion à l'OTAN en 2004 puis à l'Union européenne le 1er janvier 2007.