La cuisine roumaine associe une base paysanne de céréales, de porc et de légumes lactofermentés à des apports ottomans, hongrois et autrichiens hérités des siècles de voisinage impérial. Elle se mange en portions généreuses, se prépare longtemps à l'avance pour les fêtes et suit fidèlement le rythme des saisons et des jeûnes orthodoxes.
Les sarmale consistent en petits rouleaux de feuilles de chou aigre ou de vigne garnis de viande de porc hachée et de riz, mijotés des heures avec du lard fumé. Ils constituent le plat obligé de Noël, de Pâques et des mariages, servis avec de la crème aigre et du piment.
La mămăligă, semoule de maïs cuite à l'eau salée, remplace longtemps le pain dans les campagnes et accompagne aujourd'hui la plupart des plats en sauce.
La ciorbă désigne une soupe acidulée par le borș, jus obtenu par fermentation de son de blé, parfois remplacé par du jus de choucroute ou du citron. La ciorbă de burtă aux tripes, la ciorbă de perișoare aux boulettes et la ciorbă rădăuțeană au poulet figurent parmi les plus répandues.
Les mici, également appelés mititei, se composent de viande hachée assaisonnée d'ail et d'épices, roulée sans boyau et grillée au charbon. Ils se dégustent avec de la moutarde et du pain, dans les jardins publics comme aux terrasses des villes.
Le cozonac, brioche roulée garnie de noix, de cacao ou de loukoum, marque Noël et Pâques dans chaque foyer. Les papanași réunissent deux beignets de fromage frais nappés de crème aigre et de confiture de myrtilles ou de griottes.
La țuică, eau-de-vie de prune distillée une seule fois, titre le plus souvent entre 28 et 40 degrés et ouvre traditionnellement le repas. La pălincă, propre à la Transylvanie et au Maramureș, subit une double distillation et dépasse fréquemment 50 degrés.
La Roumanie se situe au treizième rang mondial des producteurs de vin, avec environ 4,5 millions d'hectolitres et près de 187 000 hectares de vignes, ce qui la place au sixième rang européen. Les cépages autochtones fetească albă, fetească neagră, grasă de Cotnari et tămâioasă românească côtoient les variétés françaises replantées après le phylloxéra de 1872. Les régions de Dealu Mare, Cotnari, Murfatlar, Drăgășani et Recaș concentrent les domaines les plus visités.
La musaca, les pilafs et les pâtisseries au sirop rappellent les siècles de suzeraineté ottomane. Le gulaș, le papricaș et les langoși témoignent quant à eux de la présence hongroise en Transylvanie, tandis que le șnițel vient de l'espace autrichien.