Le calendrier roumain superpose les fêtes de l'Église orthodoxe et un fonds de rites agraires préchrétiens que les villages ont conservé avec une remarquable continuité. Plusieurs de ces pratiques figurent sur les listes du patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO. Les grandes occasions restent le printemps, Noël et Pâques.
Le premier mars, chacun offre aux femmes un mărțișor, petit objet accroché à un cordon torsadé de fil rouge et de fil blanc, porté sur le revers pendant une partie du mois. L'UNESCO a inscrit en 2017 les pratiques culturelles associées au premier mars, dans un dossier partagé avec la Bulgarie, la Macédoine du Nord et la République de Moldavie.
Les groupes de garçons parcourent les maisons du village à partir de la veille de Noël pour chanter les colinde, chants annonciateurs qui appellent la prospérité sur le foyer et reçoivent en retour nourriture et boisson. Le repas suit l'abattage du cochon, préparé autour du 20 décembre pour la Saint-Ignace. L'UNESCO a inscrit ce rituel du colindat masculin en 2013, conjointement avec la République de Moldavie.
Pâques constitue la fête majeure de l'année et suit le calendrier julien, ce qui la décale souvent de la date occidentale, avec une célébration fixée au 12 avril en 2026. La nuit pascale rassemble les fidèles pour la lumière puis pour le salut Hristos a înviat, auquel on répond Adevărat a înviat. La table réunit l'agneau, la pască au fromage frais et les oeufs teints en rouge que l'on frappe les uns contre les autres.
Le 24 février, Dragobete célèbre l'amour et le renouveau selon une tradition d'origine paysanne, où les jeunes gens cueillaient ensemble les premières fleurs. La fête connaît un regain marqué depuis les années deux mille, présentée comme une alternative locale à la Saint-Valentin.
Autour du 24 juin, les Sânziene mêlent la nativité de saint Jean-Baptiste et un rite solaire où les jeunes filles tressent des couronnes de fleurs jaunes qu'elles lancent sur les toits pour connaître leur avenir.
Les mariages durent toute la nuit, rassemblent plusieurs centaines de convives et suivent une série d'étapes codifiées, du rasage du marié à la danse de l'argent. Dans plusieurs régions, des confréries de jeunes hommes appelées cete de flăcăi organisent les fêtes d'hiver et transmettent les danses masculines, inscrites par l'UNESCO en 2015.
Le rituel du căluș réunit en Olténie et dans le sud du pays des danseurs qui exécutent, à la Pentecôte, des figures acrobatiques réputées guérir les malades et éloigner les mauvais esprits. L'UNESCO l'a inscrit en 2008 sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité.