Les échanges quotidiens en Roumanie reposent sur une politesse assez formelle, une hospitalité généreuse et un humour volontiers ironique envers les institutions du pays. Les visiteurs français y trouvent souvent un terrain familier, la culture roumaine ayant longtemps regardé vers Paris. Quelques repères sur les usages évitent néanmoins les faux pas les plus courants.
Le roumain distingue le tutoiement, une forme intermédiaire et un vouvoiement marqué par le pronom dumneavoastră, réservé aux inconnus, aux clients et aux personnes plus âgées. Les échanges commencent volontiers par des considérations personnelles avant d'aborder le sujet professionnel. L'autodérision sur la Roumanie est fréquente entre Roumains, mais un étranger qui reprend ces critiques à son compte se heurte vite à une réaction de fierté blessée.
Bună ziua sert de formule standard pendant la journée, bună seara le soir, salut entre proches. La poignée de main s'échange à chaque rencontre entre hommes, tandis que la formule sărut mâna, littéralement je baise la main, s'adresse encore aux femmes plus âgées et aux prêtres. Les titres comme domnule et doamnă précèdent le nom de famille ou la fonction dans tout cadre officiel.
La Roumanie a adhéré à l'Organisation internationale de la francophonie en 1993 et a accueilli le sommet de la francophonie à Bucarest en 2006. Le français a longtemps été la première langue étrangère du pays et reste largement enseigné au collège et au lycée, même si l'anglais domine désormais chez les moins de 30 ans. Les générations formées avant 1989 comprennent souvent le français mieux qu'elles ne le parlent.
Une invitation à domicile s'accompagne presque toujours d'une table abondante et d'une insistance à resservir les convives. Les hôtes apprécient un présent modeste, fleurs en nombre impair, vin ou chocolats. Le déchaussage à l'entrée constitue la règle dans la plupart des foyers, qui proposent alors des chaussons.
Les démarches administratives supposent des justificatifs nombreux, souvent en original, et une patience réelle au guichet. Les Roumains eux-mêmes commentent volontiers la lenteur des services publics, tout en signalant les progrès de la dématérialisation. Un ton courtois et des documents complets accélèrent nettement les choses.
La situation des Roms, la corruption, l'émigration et la comparaison avec la Hongrie ou la Bulgarie demandent de la prudence. La confusion entre Roumains et Roms irrite particulièrement, tout comme les plaisanteries sur Dracula, personnage anglais que le pays associe assez peu à son propre passé.
Les orthodoxes se signent en passant devant une église, y compris depuis un véhicule. Le pourboire d'environ 10 % se pratique au restaurant, et les files d'attente tolèrent une proximité physique plus grande qu'en France.