L'artisanat roumain garde une vitalité rare en Europe, portée par des ateliers familiaux qui travaillent encore pour les besoins de leur région autant que pour les visiteurs. Céramique, textile, bois et peinture sur verre continuent de se transmettre dans le cadre du village, avec des motifs propres à chaque vallée. Plusieurs de ces savoir-faire figurent sur les listes du patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO.
Les potiers de Horezu, dans le département de Vâlcea, façonnent une faïence de couleur crème décorée à la corne et à la pointe, dont le coq stylisé constitue la signature. L'UNESCO a inscrit ce savoir-faire en 2012 sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité.
La ia désigne la chemise de lin ou de chanvre brodée que portent les femmes, reconnaissable à l'altiță, bande décorée qui couvre le haut de la manche. Les couleurs, les points et les motifs indiquent la région d'origine et parfois le statut de celle qui la porte. L'UNESCO a inscrit en 2022 l'art de cette blouse brodée, dans un dossier commun avec la République de Moldavie, et le vêtement connaît depuis une décennie un fort retour de mode.
Les tapis muraux tissés sur métier vertical décorent depuis des siècles les intérieurs paysans, avec des arbres de vie, des oiseaux et des géométries végétales. L'Olténie, la Moldavie et le Banat entretiennent des styles distincts par la palette et par la densité du décor. L'UNESCO a inscrit ce savoir-faire en 2016, également en commun avec la République de Moldavie.
La peinture d'icônes sur verre apparaît en Transylvanie au 10-huitième siècle et se développe autour du village de Nicula, en pays de Cluj. Les peintres appliquent la couleur au revers d'une plaque de verre, dans un ordre inverse de la peinture classique, ce qui donne des aplats vifs et des contours nets. Ce genre populaire, longtemps méprisé par les églises, inspire aujourd'hui de nombreux artistes contemporains.
Le Maramureș travaille le chêne pour les portails monumentaux qui marquent l'entrée des cours, sculptés de rosaces solaires, de cordes torsadées et de motifs floraux. Les mêmes ateliers produisent croix, meubles et clochers d'églises. Le cimetière joyeux de Săpânța, commencé en 1935 par le sculpteur Stan Ioan Pătraș, rassemble des centaines de croix peintes en bleu qui racontent en vers la vie du défunt.
La Bucovine décore les oeufs de Pâques selon la technique de la réserve à la cire, appliquée au stylet puis révélée par des bains successifs de teinture. Les villages de Ciocănești et de Moldovița comptent parmi les foyers les plus réputés, chacun avec ses motifs géométriques et ses couleurs dominantes.